Fakes News et Propagande ou la démocratie en danger

Commençons donc par ne pas écarter tous les faits et par définir le sens des mots. Au sens strict, les fake news ne sont pas seulement des fausses nouvelles mais des informations volontairement truquées, falsifiées et trompeuses , et Russia Today et Sputnik.fr s’y emploient très bien , car ils utilisent cette méthode, prendre 0;5% de vérité , et ils construisent la désinformation autour. (leur slogan : « Question more, = interrogez vous plus « , sous entendant que eux seuls disent la vérité.)

Pour ceux qui ne suivent que ces médias, le lien avec la réalité est donc totalement perdu, et ils n’ont , de facto, plus aucune confiance en aucun média , selon eux, tous des médias vendus au pouvoir. Bingo, RT soit Radio Poutine a bien réussi son objectif sur une bonne partie de la population.

RT, dans sa version télé ou sur Internet, via son site ou les réseaux sociaux, où elle est très bien implantée, traite l’information française et européenne en insistant sur tout ce qui ne fonctionne pas « de manière exagérée, parfois outrancière ». A noter que devant l’accusation d’être des organes de propagande étrangère, RT a répondu en créant un comité d’éthique , où Thierry Mariani ( très neutre au sujet de la Russie ), fut membre de 2015 à 2018 .

Vous noterez l’humour de RT !

Quant aux autres émetteurs de Fake News, majoritairement d’extrême droite, ils utilisent tous la même méthode, ils prennent un mot , un discours par exemple du gouvernement, pour viser un semblant de crédibilité immédiat et un leurre visuel, et bien sûr, brodent et déforment complètement les faits . Là encore, objectif atteint, et le résultat se voit dans les rues depuis 2018. Je dis depuis 2018, car que ce soit les antivax, les anti je ne sais quoi, les gilets jaunes, tous s’abreuvent aux mêmes sources, et tous répètent les mêmes propos sur les médias vendus, sauf RT bien sûr.

Il est vrai que RT a couvert 4 fois plus que les autres médias, les manifestations des Gilets Jaunes et continue avec les manifestations anti gvt (anti pass, anti tout, du moment que çà salit le Gvt).Logique, me direz vous, car après avoir lessivé les cerveaux à coup de fakes news constamment, il faut bien aller filmer le résultat dans les rues.

Tout comme il existe des agents économiques qui produisent des fake news ayant des effets politiques, il existe des agents politiques qui produisent des fake news ayant des effets politiques et économiques » Pour fonctionner, le modèle économique des fake news a besoin des grandes plate formes d’intermédiation telle que les moteurs de recherche (Google), les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc.) et les réseaux de publicité tels que Google Ads. Pour une large part, les GAFA sont donc sinon politiquement complices mais pour le moins économiquement solidaires de l’indus­trie des fake news car, en définitive, ils en sont les principaux bénéficiaires. L’espace public numérique est dominé par « des dynamiques de circulation de l’information favorisant les conte­nus sensationnalistes – factuellement établis ou non – qui attirent les clics» (extrait Benjamin Loveluck, « La démocratie au prisme du numérique », ).

S’il est peut-être encore trop tôt pour accréditer la thèse d’un basculement dans l’ère de la post-vérité, la prégnance des fake news dans notre quotidien, depuis 2016, interdit de parler d’une simple dérive du système médiatique imputable à la seule révolution numérique. Ce phénomène est inséparable de la démocratie d’opinion et de la conception libérale de l’information voulant que la vérité résulte naturellement de la mise en concurrence sur le marché des idées de tous les contenus, falsifiés ou authentiques. Faisant de nous tous des citoyens compétents en matière politique, le régime démocratique aiguise notre sens critique à l’égard des vérités officielles sans pour autant diminuer notre crédulité. Le modèle démocratique postule l’existence de citoyens actifs, rationnels, instruits et informés mais que signifie exactement s’informer alors que pour le faire sinon objectivement mais du moins équitablement il faudrait pouvoir disposer à la fois de beaucoup de temps et de discernement, deux res­sources devenues rares. Que veut dire s’informer dans un pays et à une époque où il en coûte un euro pour acheter un livre d’occasion mais plus du double pour se procurer l’édition papier d’un grand quotidien du soir ? En matière d’« information » les sondés ne distinguent ni ne hiérarchisent pas toujours leurs sources : famille, amis, collègues, voisins, médias traditionnels et nou­veaux organes de presse principaux vecteurs de fake news. Quel sens donner au verbe s’informer alors que la défiance à l’encontre des profession­nels de l’information et de toutes les catégories d’experts en général est à son comble ?

Car si 17 % seulement des Français tirent principalement leurs informations des réseaux sociaux, ils sont 63 % dans la tranche des 18-24 ans précisément la plus ouverte aux théories conspirationnistes et la plus imperméable à toute entreprise pédagogique de type « Les Décodeurs » ou « Désintox » car également la plus méfiante envers les institutions en général. Par définition, les responsables de ces rubriques de fact-checking ont pleinement conscience qu’ils ne peuvent que prêcher à des convertis.

Un article du Monde ou de Libération documentant une fake news restera sans effet sur le public des sites identitaires comme fdesouche.com ou egaliteetreconciliation.fr. Lorsque l’on observe le contenu de ces sites dits de « ré-information » et plus généralement les forums de la « fachos­phère »en guerre contre le « mensonge média­tique », on peut toucher du doigt le discours de légitimation de ces acteurs opérant sur le marché de la post-vérité. En substance, ils nous disent qu’ils n’ont pas le choix. Comme pour les méthodes traditionnelles de propagande, ils ne savent pas si elles sont efficaces mais ils ne peuvent pas prendre le risque d’abandonner cette technique à leurs adversaires. « Nous sommes obligés de men­tir pour pouvoir rester sur le marché des idées », plaide un étudiant en droit résidant en Nouvelle Aquitaine « Si les gens le croient c’est que c’est crédible », lui répond en écho un activiste identitaire ayant posté sur les réseaux sociaux des photos de voitures calcinées dans les rues de Bordeaux ou de Barbès prétendument brûlées par des supporters algériens. L’argument est d’autant plus imparable qu’en se plaçant sur le terrain de la conviction il échappe à celui de la démonstration logique donc de la réfutation. Ce phénomène des fake news atteste par ailleurs l’ambivalence de l’internet capable d’encourager l’expression de la démocratie participative et pétitionnaire (Change.org ), « l’activisme du clic », tout autant que les formes d’extrémisme, de complotisme, de racisme et de populisme. Il met également à mal l’illusion communicationnelle consistant à croire que l’on démocratiserait l’information – donc la démocratie elle-même – en accroissant la masse des contenus et en multipliant le nombre et la vitesse de ce que l’on appelait au début des années 1990 « les autoroutes de l’information ». Les fake news en tant que nouvelle technique de pro­pagande s’engouffrent d’autant plus facilement dans des sociétés gagnées par « l’infobésité », la surcharge cognitive, l’excès d’informations, que le désir de savoir n’a pas remplacé le besoin de croire. Dans un monde toujours plus complexe et anxiogène, la propagande en général et les fake news en particulier ordonnent, simplifient et rassurent en nous désignant le camp du bien et celui du mal. Nous sommes tous complices et les intellectuels, en quête de sens et de vérité par vocation, ont seulement l’illusion d’échapper à ce mécanisme de cécité volontaire.

Face à un choix, nous avons besoin de nous convaincre que nous prenons la bonne décision. Nous sommes complices du mécanisme qui nous trompe et le niveau d’instruction en accroissant notre curio­sité intellectuelle et notre ouverture d’esprit peut nous rendre plus perméable aux idées extrêmes ou aberrantes. (sources Jacques Ellul, [1962], Propagandes, Economica, 1990, et Gérald Bronner, La Démocratie des crédules, ).

La propagande : Parler aux sentiments plutôt qu’à la raison, répéter sans cesse les mêmes idées simples, adapter la forme du message au public ciblé, mentir sans vergogne!

Dès les années 1930, tous les procédés que nous voyons défiler aujourd’hui chaque jour sur nos écrans sont en place.

Un certain Joseph G*** aurait fait de Twitter et Facebook ses terrains de jeu, et c’est ce que font les populistes, emploi de mots simples, adapter, déformer les faits, les retourner.

Je cite Joseph G** :“La faculté d’assimilation des masses n’est que très restreinte, son entendement petit, par contre son manque de mémoire est grand. Donc toute propagande efficace doit se limiter à des points fort peu nombreux , et les faire valoir à coup de formules stéréotypées aussi longtemps qu’il le faudra jusqu’à ce que le dernier des auditeurs soit à même de saisir l’idée.”.

Au sens strict, les fake news ne sont pas seulement des fausses nouvelles mais des informations volontairement truquées, falsifiées et trompeuses.

(extraits ) de ALBERTINI D., DOUCET D., La Fachosphère. Comment l’extrême droite remporte la bataille du Net, Paris, Flammarion, 2016.

Pour conclure, qu’il s’agisse de fakes news ou de propagande pure et dure, les populistes et les lanceurs de théories du complot ont parfaitement compris comment utiliser les réseaux sociaux et l’espace numérique à leurs fins.

Et comme souvent les gens me demandent , mais comment on peut lutter contre çà, j’ai souvent répondu et je réitère. Il n’y a qu’une seule façon, c’est utiliser les mêmes armes, occuper l’espace numérique nous aussi, partout, en publiant les vraies informations, les actions du gouvernement etc.

Que chacun sorte de sa bulle et utilise les réseaux sociaux pour lutter contre les fakes, car il en va de notre démocratie très mise à mal et nous pourrions avoir une grande claque en 2022.

Il faut réagir maintenant, pour ne pas pleurer demain.

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