Langue française dans l’Union Européenne : encore un grossier mensonge de Zemmour


L’extrait donné à la suite d’une interview sur BFM du candidat à l’Elysée est un petit morceau d’anthologie.
Questionné sur le fait qu’il parle ou non l’anglais, Zemmour répond « très mal » mais convenons que ce n’est pas un problème ; il est vrai qu’il y a eu des antécédents comme François Mitterrand, donc on ne peut lui en faire reproche. Mais quand le journaliste lui demande en quelle langue il parlerait « à Bruxelles ou ailleurs », donc en particulier dans une instance européenne, il répond fièrement « en français ». Et il sort à ce moment un récit totalement fantaisiste : Edward Heath le Premier Ministre britannique aurait promis à Georges Pompidou au moment de l’entrée de son pays dans le Marché Commun que l’on conserverait le français comme langue officielle ; mais « les anglais n’ont pas tenu leurs promesses, comme ils en ont l’habitude ».

On a donc eu, en l’espace d’un peu plus d’une minute, à un grand classique zemmourien, mêlant fausse culture historique, mensonge éhonté et message idéologique transparent : « moi je défends la France et sa belle langue / salauds d’anglais » (la haine des « anglo-saxons » est une référence de l’extrême-droite, comme déjà évoqué sur notre site).

Or il s’agit d’un grossier mensonge car tout ceci est faux : il n’y a pas une – ou plusieurs langues – officielles de l’Union Européenne imposées au détriment des autres ; lors des réunions, qu’il s’agisse de la Commission, du Parlement Européen ou d’autres instances chacun s’exprime dans sa propre langue, et la traduction instantanée permet de comprendre ce qui est dit. L’usage du français dans les institutions européennes a ainsi été parfaitement rappelé dans un vade-mecum, signé par le ministre des affaires étrangères à l’époque du dernier élargissement, Dominique de Villepin.
Ce mensonge grotesque d’Eric Zemmour, on vient d’en voir une illustration criante lors du discours inaugural d’Emmanuel Macron le 19 janvier devant le Parlement Européen, pour marquer le début de la présidence française : non seulement il s’est exprimé en français, mais tous les représentants des partis d’opposition de notre pays qui ont pris la parole l’ont fait aussi dans notre langue ; ce qui bien entendu n’a pas empêché tous les députés présents de comprendre parfaitement – la plupart étant, entre parenthèses, indignés de voir la campagne présidentielle faire une intrusion en une telle occasion.

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