Étrange campagne électorale !


L’entrée de Christine Taubira dans cette campagne est certes légitime et je ne conteste évidemment pas les résultats de la Primaire Populaire mais plutôt qu’elle ait déjà commencé, à sa façon, discrète et méticuleuse, méthodiquement, dès son premier discours, de faire comme Valérie Pécresse, c’est-à-dire démolir point par point, secteur par secteur, focalisant sur son principal artisan, ce quinquennat d’Emmanuel Macron.

Bien que ce fût déclaré avec une réserve caractéristique de la plupart des politiques de gauche, aucune réussite ne lui a été reconnue. Pas la moindre allusion positive, ne serait-ce que la plus infime notation, n’a été faite, pendant cette protocolaire intervention, sur le travail de notre Président sortant, de sa majorité parlementaire ou du Gouvernement, depuis cinq ans. C’est inouï, voire suspect, tant ça devient récurent. Il y avait pourtant de nombreux exemples possibles et sa récente participation dans le cadre d’un conflit russo-ukrainien embryonnaire, en qualité de président de l’Union Européenne, ou les mesures conduites au cours d’une crise sanitaire — de surcroît sociale et économique — sans précédent, ne sont pas des moindres. Mais ce n’est pas le but de ce statut de faire le panégyrique de ce qu’a produit le macronisme depuis que ce courant parcoure les rouages du pouvoir.

Ce texte fait plutôt l’objet que je présage d’une attitude constante et analogue à droite comme à gauche jusqu’aux portes du premier tour de cette élection.

Paradoxalement, il ne reste du clivage droite/gauche, rien de plus original qu'une similarité de leur contestation. A contrario et tactiquement, ce sont les deux candidats en lice les plus extrémistes qui se contiennent dorénavant de critiquer ouvertement l'action présidentielle.

L’imbroglio, préalablement actif, qui s’amplifiera à gauche, maintenant qu’on a fissuré son versan historique, ainsi qu’un acharnement à ce que les droites fusionnent, lequel menace Les Républicains et draine le Rassemblement National, offrent aux ultras, un champ d’action si grand qu’ils continueront de progresser jusqu’en avril. Comme disait Nicolas Sarkozy — c’est d’ailleurs la seule parole que l’on retienne de lui depuis septembre — ces phénomènes “sont le symptôme d’un vide démocratique”. Nous entendons donc par vide, celui d’une opposition qui n’a commencé à se mobiliser qu’à l’annonce de ce qui pouvait se produire de pire pour notre République ; la candidature d’Éric Zemmour.

C’était déjà étrange, avant que ce dernier ne se présente, à quel point ces deux puissants courants politiques, que sont le PS et LR, paraissaient timorés devant la seule alternative électorale que Marine Le Pen tienne le même rôle que précédemment. Ça l’est encore plus maintenant qu’ils ont pris tellement de retard que chacun(e) de leur candidat(e) semble s’être engagé(e) dans un suicide politique ; et de leur carrière présidentielle ; et du parti qu’iel représente.

C’est pourquoi, plus que jamais, depuis qu’un certain journaliste devenu responsable politique soit lancé à l’assaut de l’Élysée, je crains que les conditions n’aient été judicieusement réunies pour qu’il participe au second tour de ce scrutin.

Il n'est plus temps de tergiverser et de manœuvrer mais de s'interroger comment nous en sommes arrivés là.

Les raisons en sont pourtant limpides, mais l’adversité est tellement sournoise que cela reste, pour beaucoup, aisé de se tromper de combat ou de direction.

Quoiqu’il en soit, c’est à cette éventualité que prioritairement et stratégiquement, nous devrions nous préparer, afin qu’au soir du 10 avril, ce résultat ne nous assomme pas au point que nous serions incapables de réagir entre les 2 tours, pour soustraire à un fasciste le siège qu’il convoite. Car il faudra alors être plus brillant que nous ne l’aurons été à le chasser du paysage politique et audiovisuel français. Ce sera notre dernière chance de nous débarrasser de lui pour longtemps, en l’anéantissant tellement qu’il n’aura que peu de recours conséquemment, meme pour les Législatives qui suivront.

C’est dès maintenant et pour les dix semaines à venir, que nous devons nous rendre à cette évidence que tout ce que nous sommes encore capables de faire, pour changer le cours de cette campagne, c’est de fourbir nos armes et de nous tenir près, au second tour, de porter l’estocade à un fléau qui hante notre société, ainsi que celle de nombreux autres pays, depuis trop longtemps.

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