Là où les extrêmes se rejoignent

Tel qu’un vieil adage issu de la sagesse populaire, on s’accorde à dire qu’en tous domaines, les opposés se situent à l’ouverture d’un cercle dont les terminaisons se rejoignent sitôt qu’on le referme. Ainsi on assiste, en politique française contemporaine, non seulement à la tombée des masques que nous portions pour ralentir l’épidémie de Covid-19, mais aussi à celle des faux-semblants de trois de nos plus extrêmes candidats à la fonction suprême. N’étant plus en capacité d’user d’éléments de langage sans que leurs véritables intentions soient révélées, on découvre que leurs avis sont particulièrement semblables et déplacés, quant aux événements qui se déroulent aux frontières de l’Ukraine.

Rien d’étonnant lorsqu’on découvre par exemple les penchants belliqueux du candidat Zemmour. Cécile Alduy, professeure en littérature française à l’université de Stanford, dont nous présentions le formidable travail via un extrait de Complément d’enquête, poursuit son investigation des termes qu’il emploie. Dans l’analyse des 2.395 pages d’une production nauséabonde, elle relève que :

“Le vocabulaire d’Éric Zemmour est saturé par la guerre, la violence, la mort et l’obsession de la race.”

Dans une interview pour Mediapart, elle précise dans l’extrait vidéo ci-dessous, que :

“Le discours de l’ancien polémiste est anti-républicain, il n’a pas grand chose de démocratique et il confisque la parole à son interlocuteur.”

Cécile Alduy est interviewée par Mediapart, à l'occasion de la sortie de son livre : "La langue de Zemmour", paru chez Seuil.

Cela fait écho au stupéfiant échange entre Poutine et son directeur des renseignements extérieurs, Sergueï Narychkine, lorsque son chef lui demande s’il est d’accord avec ce qu’il a arrêté au sujet de l’Ukraine et que celui-ci répond en bredouillant, craignant visiblement de le contredire, qu’il approuve cette décision.

 

En ce qui concerne Marine Le Pen, ses pérégrinations pour alimenter les caisses du parti, passant d’abord en 2017 par une banque russe, que le Rassemblement National n’a d’ailleurs pas fini, loin s’en faut, de rembourser, puis récemment par l’obtention d’un prêt de 10.6 millions accordé par une banque hongroise, dénote à quel point son appétit pour la Russie n’est pas que frugal. On sait en effet que Viktor Orbán, Premier ministre hongrois depuis bientôt 12 ans, a depuis longtemps changé de comportement à l’égard du communisme, opérant même un rapprochement diplomatique et idéologique avec Vladimir Poutine. La Hongrie est ainsi devenu une sorte de cheval de Troie en Europe, susceptible d’asseoir la volonté qu’a le chef d’État russe de perturber l’Union Européenne. Ce n’est donc pas très fair-play pour une candidate à l’élection présidentielle française, de se ressourcer auprès d’un organigramme de dirigeants, dont la coalition autorise le plus puissant d’entre eux à envahir par la force un pays voisin à la culture soit-disant analogue.

Ne soyons pas dupes que son retrait de la campagne pour une quinzaine de jours, sous couvert de se consacrer à la recherche des parrainages qui lui manquent, soit probablement une façon de ne pas intervenir sur les plateaux de télévision et de ne pas devoir répondre à des questions qui la fâcheraient, sur le souvenir qu'on ne l'ai jamais entendu déclarer ouvertement que Vladimir Poutine conduit en Russie une politique dictatoriale.

Dans le cas de Jean-Luc Mélenchon, c’est héréditaire au sein de La France Insoumise et chez son animateur favori, d’avoir un appétit caractérisé pour les directives du Kremlin. Toutefois le principal protagoniste de l’idéologie insoumise a progressé dans l’acte d’édulcorer ses préférences, qu’il dissimule désormais sous un vernis technico-médiatique tranchant nettement avec les emportements auxquels il nous avait habitué, jusqu’à son entrée officielle dans la campagne. Sa verve n’en reste pas moins délirante et à bien y regarder, comparable aux velléités de son modèle slave, d’instaurer une France impériale à l’échelle de sa mégalomanie.

Jean-Luc Mélenchon et son désormais célèbre "La République, c'est moi !", tandis qu'il tente d'intimider le gendarme mis en faction par l'OCLCIFF et de s'opposer à une perquisition officielle pour la recherche de documents qui devait faire avancer une enquête en cours, sur l'emploi d'assistants parlementaires européens de LFI et sur les comptes de leur précédente campagne présidentielle.

Donc outre l’analogie crapuleuse de ces prétendants au trône dans leur quête aux parrainages manquants, qu’ils obtiendront sûrement, ne serait-ce que grâce à l’initiative de François Bayrou, ces trois-là s’entendraient comme larrons en foire, sitôt nantis d’un pouvoir ministériel ou élyséen, pour dépecer la France et la brader au plus offrant, sur l’autel combiné de l’extension territoriale, de la décroissance et de la lâcheté.

Pour mémoire je retrace ici en vidéo les avis de ces trois malfaiteurs sur ce qu’ils pensaient jusqu’à avant hier d’une éventuelle invasion de l’Ukraine par la Russie.



 

Et parce qu’il importe de savoir à qui nous avons affaire et à quoi ressemble le chef d’État russe, que trois candidats extrémistes à la présidentielle française soutenaient encore il y a quelques heures…

 

 

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