Campagne présidentielle, menaces sur l’état de Droit : écoutons Pierre Moscovici


Pierre Moscovici est une personnalité que l’on n’entend pas assez. Pourtant, il a eu une carrière très riche, réunissant une large expérience dans des domaines essentiels tout en ne s’abimant pas trop dans les joutes politiciennes.

Né en 1957, c’est un ancien élève de l’ENA qui a commencé sa carrière au début des années 90 dans le cabinet de Lionel Jospin, alors ministre sous François Mitterrand. Profondément européen, il a été successivement député au Parlement de Strasbourg, ministre chargé des Affaires européennes au moment du retour de la Gauche au pouvoir. Lors de l’alternance de 2012, il devient ministre de l’Economie, des Finances et du Commerce extérieur, avant d’être nommé Commissaire européen de 2014 à 2019, puis choisi en 2020 comme Premier président de la Cour des Comptes.

C’est donc un très Haut fonctionnaire qui a été interviewé sur le plateau de TV5 Monde le 22 janvier dernier. Le site de l’émission “Internationales” permet de l’écouter en replay, avec cette présentation : « Défendre l’État de droit, instaurer un nouvel ordre de sécurité, continuer à lutter contre le dérèglement climatique : voilà la feuille de route de la présidence française de l’Union européenne, présentée par Emmanuel Macron devant le Parlement européen à Strasbourg. Ces thèmes résonnent aussi en France, alors que la Cour des comptes, c’est une première, apporte sa contribution à la campagne présidentielle sous la forme de treize notes, rédigées sous l’impulsion de Pierre Moscovici. Pourquoi cette décision ? Que pense-t-il de cette campagne et plus largement du débat public français ? En tant qu’ancien ministre chargé des Affaires européennes, quel regard porte-t-il sur l’état de l’Europe ? ».

J’ai choisi de vous en faire écouter deux courts passages qui m’ont particulièrement marqué.

Dans ce premier extrait, Pierre Moscovici dit le mal qu’il pense de cette campagne « où le débat est polarisé par des questions qui ne sont pas principales » ; où sont négligées les questions économiques et sociales ; et où la rationalité est souvent mise de côté, faute de chiffrages et d’analyses. Des propos qui rentrent en parfaite résonance avec ce que disait  Bernard Cazeneuve il y a quelques mois.


 

Dans le second extrait, on l’interroge sur les reculs de l’état de Droit dans certains pays de l’U.E, par exemple pour l’indépendance de la justice, ou la liberté de la presse. Pierre Moscovici dit son inquiétude sur ce qui s’est passé en Pologne et en Hongrie. Rappelant que l’Europe s’est construite autour de valeurs communes ; valeurs menacées aussi bien là-bas que chez nous par certains politiques, citant nommément Eric Zemmour. Mais il dit aussi que, à force de dialogue et de pressions combinées, rien n’est perdu.

Jean Corcos
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