Les chevaux de Troie du Kremlin.

“Les gouvernements occidentaux devraient encourager et financer les groupes de la société civile et les médias d’investigation qui s’efforceront de faire la lumière sur les réseaux obscurs du Kremlin”, écrit l’ancien ministre des Affaires étrangères de Pologne, Radosław Sikorski, dans la préface du rapport. Le rapport présente trois cas, celui de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, chacun étant rédigé par un expert de premier plan : Mme Marlene Laruelle, directrice du programme pour l’Asie centrale et directrice associée de l’Institut d’études européennes, russes et eurasiennes à l’Elliott School of International Affairs de l’université George Washington ; M.. Stefan Meister, directeur de l’Europe de l’Est, de la Russie et de l’Asie centrale au Centre Robert Bosch du Conseil allemand des relations étrangères, et Alina Polyakova, directrice adjointe du Centre Eurasie Dinu Patriciu et membre senior de l’Initiative pour l’Europe future du Conseil atlantique.

Le Kremlin utilise ces chevaux de Troie pour déstabiliser la politique européenne avec une telle efficacité que même la puissance limitée de la Russie pourrait devenir un facteur décisif en matière de sécurité européenne et internationale. Le président Poutine voit de plus en plus dans ce que l’Occident recherche – une Europe entière, libre et en paix – non pas une occasion de coexistence prospère, mais une menace pour son programme géopolitique et la survie de son régime.

Moscou considère les vertus de l’Occident – le pluralisme et l’ouverture – comme des vulnérabilités à exploiter. Ses tactiques sont asymétriques, subversives et difficiles à confronter. Les gouvernements occidentaux ont trop longtemps ignoré la menace que représentent les alliés clandestins de Poutine, mais on prend enfin conscience que la communauté transatlantique doit faire davantage pour défendre ses valeurs et ses institutions.

À cette fin, les gouvernements occidentaux devraient encourager et financer les groupes de la société civile et les médias d’investigation qui s’efforceront de faire la lumière sur les réseaux obscurs du Kremlin. Les États membres de l’Union européenne devraient envisager de créer des groupes de travail sur la contre-influence, dont la fonction serait d’examiner les liens financiers et politiques entre le Kremlin et les entreprises et groupes politiques nationaux. Les agences de renseignement américaines et européennes devraient coordonner leurs efforts d’investigation par un meilleur partage des renseignements. Les régulateurs financiers devraient être habilités à enquêter sur les réseaux financiers qui permettent aux régimes autoritaires d’exporter la corruption vers l’Occident. Les règles électorales devraient être modifiées, afin que les groupes politiques financés par des fonds publics, principalement les partis politiques, soient au moins tenus de déclarer leurs sources de financement.

Les tentatives flagrantes du Kremlin d’influencer et de perturber l’élection présidentielle américaine devraient servir d’inspiration à une riposte démocratique.

En 2014, la Russie s’est emparée de la Crimée par la force militaire. Par cet acte, le Kremlin a redessiné la carte politique de l’Europe et bouleversé les règles de l’ordre international reconnu. Malgré la menace que les politiques revanchardes de la Russie font peser sur la stabilité européenne et le droit international établi, certains politiciens, experts et groupes civiques européens ont exprimé leur soutien – ou leur sympathie – aux actions du Kremlin. Ces alliés représentent un réseau diversifié d’influence politique qui s’étend jusqu’au cœur de l’Europe.

Le Kremlin utilise ces chevaux de Troie pour déstabiliser la politique européenne avec une telle efficacité que même la puissance limitée de la Russie pourrait devenir un facteur décisif en matière de sécurité européenne et internationale. Le président Poutine voit de plus en plus dans ce que l’Occident recherche – une Europe entière, libre et en paix – non pas une occasion de coexistence prospère, mais une menace pour son programme géopolitique et la survie de son régime.

Moscou considère les vertus de l’Occident – le pluralisme et l’ouverture – comme des vulnérabilités à exploiter. Ses tactiques sont asymétriques, subversives et difficiles à confronter. Les gouvernements occidentaux ont trop longtemps ignoré la menace que représentent les alliés clandestins de Poutine, mais on prend enfin conscience que la communauté transatlantique doit faire davantage pour défendre ses valeurs et ses institutions.

À cette fin, les gouvernements occidentaux devraient encourager et financer les groupes de la société civile et les médias d’investigation qui s’efforceront de faire la lumière sur les réseaux obscurs du Kremlin. Les États membres de l’Union européenne devraient envisager de créer des groupes de travail sur la contre-influence, dont la fonction serait d’examiner les liens financiers et politiques entre le Kremlin et les entreprises et groupes politiques nationaux. Les agences de renseignement américaines et européennes devraient coordonner leurs efforts d’investigation par un meilleur partage des renseignements. Les régulateurs financiers devraient être habilités à enquêter sur les réseaux financiers qui permettent aux régimes autoritaires d’exporter la corruption vers l’Occident. Les règles électorales devraient être modifiées, afin que les groupes politiques financés par des fonds publics, principalement les partis politiques, soient au moins tenus de déclarer leurs sources de financement.

France : Intégrer l’influence russe.

Le paysage politique en 2017.

La France est  secouée par une crise politique profonde, qui semblait trouver son origine dans la lenteur de la reprise française après la crise économique et se caractérise par une faible participation aux élections, une méfiance croissante de la population à l’égard des institutions et des hommes politiques, l’émergence de partis contestataires et des tensions autour des questions d’identité nationale et de terrorisme. Dans ce contexte, la montée du Front national (FN), parti populiste d’extrême droite, transforme le paysage politique français. La dirigeante du parti et fille de son fondateur, Marine Le Pen, a modernisé le récit nationaliste du FN et élargi l’attrait du parti en blanchissant son image publique d’éléments extrémistes, tels que l’antisémitisme ouvert, le racisme, la négation de l’holocauste, le catholicisme radical et le soutien à l’Algérie française. À leur place, Le Pen a introduit des aspects plus modernes et consensuels, tels que la défense de la laïcité française contre l’islam, l’amalgame entre les migrants, l’islamisme et le terrorisme, la dénonciation de l’Union européenne (UE) et son prétendu démantèlement de l’État-nation, et un programme économique protectionniste.

Après l’Allemagne et le Royaume-Uni, la France est la première puissance économique et militaire d’Europe. Pourtant, de ces trois États, la France est la seule à posséder un important parti d’extrême droite, eurosceptique et ouvertement pro-russe. Au printemps 2017, le pays organisera des élections présidentielles, et Marine Le Pen devrait recevoir suffisamment de soutien au premier tour (25-30 %) pour se qualifier pour le second tour. Bien qu’il soit peu probable qu’elle remporte la présidence, sa participation en tant que candidate potentielle à la présidence sera une victoire pour son parti et son objectif de faire évoluer le paysage politique vers la droite. Déjà, de nombreuses figures importantes du parti de centre-droit, Les Républicains, font pression pour un programme plus à droite, axé sur les questions d’identité et de sécurité, afin de “débaucher” l’électorat du FN. Le FN et une partie des Républicains autour de Nicolas Sarkozy ont un autre point commun : ils sont partisans d’un réchauffement des relations avec la Russie. Si le FN est ouvertement pro-Poutine, Les Républicains sont plus nuancés, mais plusieurs des principales figures des partis de centre-droit ont des liens étroits avec Moscou et espèrent de meilleures relations. Les élections de 2017 n’ont donc  pas seulement décidé  de l’avenir de la France pour les cinq à dix prochaines années, mais elles ont aussi  aussi changé la relation de Paris avec la Russie.

NDLT : C’est bien pour çà que depuis l’élection d’Emmanuel Macron, Poutine a mis toutes ses fermes de trolls à l’œuvre pour sans cesse attiser la haine du Président par des fakes news issues du Kremlin, incessantes et sur tous les sujets . La haine du Président lue sur les réseaux sociaux n’est pas l’effet du hasard ,elle est soigneusement entretenue à coups de fakes. Il suffit de se rendre sur le site EUvsDISINFO et de taper Macron dans la database, on arrive à un total de 57 intox issues du Kremlin à son nom. ⇓

https://euvsdisinfo.eu/disinformation-cases/?disinfo_keywords%5B%5D=keyword_77507&date=

 

Décryptage d’une intox Russe sur Emmanuel Macron

Les Républicains de centre-droit sont plus divisés sur leur relation avec la Russie. Cependant, il existe un groupe pro-russe distinct autour de l’ancien Premier ministre François Fillon, notamment l’ancien secrétaire d’État Jean de Boishue, conseiller de Fillon et spécialiste de la Russie, et Igor Mitrofanoff. De même, de nombreuses personnes de l’entourage de Nicolas Sarkozy, comme Thierry Mariani, député à l’Assemblée nationale et vice-président de l’Association d’amitié parlementaire franco-russe, ont soutenu publiquement la position russe sur la crise ukrainienne. L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin incarne une autre tendance des Républicains : favorable à la Russie dans la tradition de De Gaulle d’équilibre entre les Etats-Unis et la Russie/l’Union soviétique, sans soutenir ouvertement la position de Poutine.

À l’extrême droite, le RN est le plus fervent partisan de Moscou, où l’on n’entend pratiquement aucune voix dissidente anti-russe.”

 

La position pro-russe des Républicains repose en partie sur les liens profonds du parti avec des éléments des grandes entreprises françaises, qui ont des activités en Russie, principalement dans l’industrie de la défense (Thales, Dassault, Alstom), le secteur de l’énergie (Total, Areva, Gaz de France), l’industrie alimentaire et du luxe (Danone, Leroy-Merlin, Auchan, Yves Rocher, Bonduelle), l’industrie des transports (Vinci, Renault) et le système bancaire (Société Générale). De nombreux directeurs généraux (PDG) de ces grands groupes industriels ont des liens étroits avec le cercle restreint du Kremlin et servent de relais aux intérêts et aux visions du monde russes pour les Républicains. C’est le cas de Christophe de Margerie, directeur général du groupe pétrolier français Total SA, qui entretenait des relations étroites avec Poutine. De Margerie est mort dans un accident d’avion à Moscou en 2014, au retour d’une réunion d’affaires avec le Premier ministre Dmitri Medvedev. Dans les condoléances qu’il a adressées au président français François Hollande, Poutine a qualifié M. de Margerie de “véritable ami de notre pays”, qui avait “ouvert la voie à de nombreux grands projets communs et jeté les bases de nombreuses années de coopération fructueuse entre la France et la Russie dans le secteur de l’énergie ”

La France a été à la pointe de la coopération avec la Russie dans le secteur spatial (le missile russe Soyouz lancé depuis le port spatial de Kourou en Guyane française) et dans le complexe militaro-industriel (par exemple, la joint-venture entre Sagem et Rostekhnologii). En 2010, la signature d’un contrat pour la vente à la Russie de deux navires d’assaut amphibies de classe Mistral – aujourd’hui morts comme victime collatérale de la crise ukrainienne – a été l’un des premiers grands contrats d’armement entre la Russie et un pays de l’OTAN, symbolisant le rôle de premier plan de la France et du secteur militaire français dans la construction de ponts avec la Russie.

Au sein du centre gauche, moins de personnalités apparaissent comme pro-russes. Au Parti socialiste, on peut citer Jean-Pierre Chevènement, représentant spécial pour les relations avec la Russie au ministère français des Affaires étrangères, et Pascal Terrasse, secrétaire général de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, ainsi que le député Jérôme Lambert.

Outre les réseaux politiques, il existe un réseau puissant et bien structuré d’organisations de la “société civile” et de groupes de réflexion qui favorisent les intérêts russes. Le plus connu d’entre eux est l’Institut pour la démocratie et la coopération (IDC), dirigé par Natalia Narochnitskaya, grande prêtresse de l’orthodoxie politique depuis les années 1990 et ancienne députée à la Douma russe. John Laughland, historien britannique eurosceptique et commentateur fréquent de la chaîne de télévision RT financée par la Russie, est directeur des études de l’IDC, qui est financé par des “ONG caritatives” (organisations non gouvernementales) russes. Le gouvernement russe utilise les institutions culturelles établies de longue date, liées à la présence d’une importante diaspora russe en France qui remonte aux années 1920 et à la période soviétique. Il contribue à une myriade d’associations russes telles que le Dialogue franco-russe, dirigé par Vladimir Yakounine, qui était à la tête des chemins de fer russes et un proche conseiller de Poutine jusqu’en août 2015, et le prince Alexandre Troubetzkoy, représentant de l’émigration russe. Paris accueille également la plus grande église orthodoxe russe d’Europe, qui a ouvert à l’automne 2016 dans le centre de Paris. La relation étroite du Patriarcat de Moscou avec le Kremlin contribue à projeter le “soft” power de la Russie en Europe.

Construire des réseaux d’influence.

Depuis que Poutine a pris ses fonctions en 2012 pour son troisième mandat de président de la Russie, le gouvernement russe a intensifié ses efforts pour construire des réseaux de relations avec des organisations politiques et des individus partageant les mêmes idées en France. Poutine a publiquement soutenu Marine Le Pen depuis qu’elle est devenue présidente du FN en 2011. Le FN/RN trouve un terrain d’entente avec plusieurs composantes idéologiques du régime de Poutine : l’autoritarisme (le culte de l’homme fort), la jactance anti-américaine (la lutte contre l’unipolarité américaine et la domination de l’OTAN), la défense des valeurs chrétiennes, le rejet du mariage gay, la critique de l’Union européenne et le soutien à une “Europe des nations.” À la suite de la crise ukrainienne de 2014 et de la condamnation internationale de la Russie qui s’en est suivie, Marine Le Pen a émergé avec un éloge encore plus grand du dirigeant russe. En février 2014, alors que la Russie était en train de prendre militairement le contrôle de la Crimée, elle a déclaré : “M. Poutine est un patriote. Il est attaché à la souveraineté de son peuple. Il est conscient que nous défendons des valeurs communes. Elle a ensuite appelé à une “alliance stratégique avancée” avec la Russie, qui devrait se concrétiser par un axe européen continental allant de Paris à Berlin et à Moscou. En ce qui concerne la crise ukrainienne, le FN souscrit entièrement à l’interprétation russe des événements et soutient très ouvertement la position de Moscou. Le parti a critiqué la révolution de Maidan, reprochant à l’UE de “[jeter] de l’huile sur le feu. ”
Le parti soutient également la vision du Kremlin d’une Ukraine fédéralisée qui accorderait une large autonomie aux régions russophones et aux territoires occupés des soi-disant républiques populaires de Donetsk et de Louhansk.

Le soutien financier de la Russie aux activités de campagne du FN sont une preuve supplémentaire de l’investissement du Kremlin dans l’avenir politique du parti, mais ce n’est pas tout. Depuis 2012, le FN est devenu de plus en plus actif dans la construction de ses relations avec le gouvernement russe, avec notamment plusieurs voyages de dirigeants de haut rang : Marion Maréchal-Le Pen, la nièce de Marine et la plus jeune députée de France, s’est rendue à Moscou en décembre 2012. Bruno Gollnisch, vice-président exécutif du FN et président de l’Alliance européenne des mouvements nationaux (AEMN) s’y est rendu en mai 2013, et Marine Le Pen et Louis Aliot, vice-président du FN, se sont tous deux rendus en Russie en juin 2013. Lors d’un second voyage en avril 2014, Marine Le Pen a bénéficié de grands honneurs politiques puisqu’elle a été reçue par le président de la Douma Sergueï Naryshkin, le chef de la commission des affaires étrangères de la Douma Aleksei Pushkov et le vice-premier ministre Dmitri Rogoz.

Le soutien financier de la Russie aux activités de campagne du FN/RN est une preuve supplémentaire de l’investissement du Kremlin dans l’avenir politique du parti.

 

Plusieurs personnalités russophiles entourent la présidente du FN et ont renforcé l’orientation du parti vers la Russie. Le plus connu de ce cercle est Aymeric Chauprade,  ex conseiller international du FN et  ex député européen, proche de l’homme d’affaires orthodoxe Konstantin Malofeev, l’un des bailleurs de fonds supposés de l’insurrection de Donbas. Chauprade a été invité à agir en tant qu’observateur électoral lors du “référendum” de mars 2014 sur l’annexion de la Crimée, pour lequel il a donné son approbation. (1 voir fin de page).

Xavier Moreau, ancien élève de Saint-Cyr, la principale académie militaire française, et ancien parachutiste qui dirige une société de conseil basée à Moscou, Sokol, semble avoir joué un rôle central dans la formation de contacts entre les cercles d’affaires favorables au FN et leurs homologues russes. Fabrice Sorlin, chef du Dies Irae, un mouvement catholique fondamentaliste, dirige l’Alliance France-Europe-Russie (AAFER). Le FN cultive également des relations avec les cercles d’émigrés russes et les institutions représentant la Russie en France. Les deux députés du FN, Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard, sont tous deux membres d’un groupe d’amitié franco-russe. Marine Le Pen semble avoir fréquemment rencontré en privé l’ambassadeur russe en France, Alexandre Orlov. En outre, plusieurs responsables du FN ont assisté à des débats organisés par Natalia Narochnitskaya, la présidente de l’Institut pour la démocratie et la coopération, basé à Paris.

Chez les Républicains, les positions pro-russes ont émergé de manière particulièrement vive lors de la crise ukrainienne. La première délégation qui s’est rendue en Crimée à l’été 2015, contre la position du ministère français des Affaires étrangères, était composée principalement de députés républicains, mais comprenait également quelques députés du parti socialiste. Certains membres du groupe ont soutenu l’annexion de la Crimée, comme le député Nicolas Dhuicq, proche de l’ancien Premier ministre Fillon, qui a déclaré : “Nous pensons que le président russe a fait ce qu’il avait à faire – protéger les gens de la guerre civile. Si la Crimée ne revenait pas à la Russie, il y aurait une guerre civile ici avec les extrémistes du gouvernement ukrainien. ” A la tête de la délégation, Thierry Mariani avait déjà déclaré sur son compte Twitter le 1er mars 2014 : “Comment peut-on être pour l’autodétermination quand il s’agit du Kosovo et contre quand il s’agit de la Crimée ?”. La députée européenne Nadine Morano, plus modérée, a seulement insisté sur la nécessité de renouer le dialogue avec la Russie, soit au nom de la coopération diplomatique sur le Moyen-Orient, soit au nom des paysans français lésés par les contre-sanctions russes sur les produits agricoles européens. Le voyage en Crimée a été répété à l’été 2016 par une autre délégation – sur les onze participants, dix étaient membres du parti Les Républicains et un était un ancien membre du parti socialiste.26 Nombre de ces députés, tant de l’Assemblée nationale que du Sénat, étaient également présents lors de l’initiative parlementaire de juin 2016 qui demandait l’arrêt des sanctions européennes contre la Russie.

Cependant, les habitudes de vote au sein de l’électorat français ne se traduisent pas par tout ce qui concerne la Russie. Comme dans tout autre pays, l’électorat est surtout façonné par les questions domestiques et les perceptions socio-économiques. Les thèmes de politique étrangère susceptibles d’influencer les habitudes de vote ne sont liés qu’à l’avenir de l’Union européenne et au Moyen-Orient, et même dans ce cas, ils sont étroitement liés aux intérêts nationaux : le statut de la France en Europe et la stratégie antiterroriste. Le positionnement vis-à-vis de la Russie, bien que discuté au sein de la classe politique, ne détermine pas les tendances de vote.

Comprendre la connexion franco-russe.

La France est fermement ancrée dans la communauté euro-atlantique et suit le consensus européen général sur la crise ukrainienne, l’annexion de la Crimée et les sanctions contre la Russie. Cependant, les relations bilatérales sont toujours déterminées par l’héritage de De Gaulle, dont la diplomatie, à partir de 1944, a cherché à approcher la Russie soviétique comme un contrepoids à la puissance des États-Unis. Une partie de l’élite politique et de l’establishment militaire français partage donc une vision positive de la Russie au nom d’une identité européenne continentale qui regarde avec prudence les États-Unis et l’engagement transatlantique.

Plusieurs autres éléments façonnent la vision relativement positive que la France a de la Russie. La France accueille une importante diaspora russe, historiquement enracinée, et n’a pas de liens spécifiques avec l’Ukraine. La Russie ne représente pas une menace directe pour la sécurité ou l’énergie de la France, qui ne possède pas de pipelines sur lesquels des conflits pourraient éclater. Paris délègue généralement à l’Allemagne le rôle principal lorsqu’il s’agit de traiter des questions liées au Partenariat oriental, car elle préfère être reconnue comme ayant un rôle clé dans le traitement des questions méditerranéennes et, plus généralement, du monde musulman. Vue de Moscou, la France est appréciée pour sa position intermédiaire. La capacité du président Sarkozy à obtenir des accords entre Moscou et Tbilissi pendant la crise russo-géorgienne d’août 2008 a été accueillie positivement par l’élite russe.

La position française à l’égard de la Russie doit également être comprise dans le contexte actuel de fortes incertitudes quant à l’avenir du Moyen-Orient – principalement la guerre en Syrie, mais aussi dans le contexte de la Libye, la menace croissante plus proche de la France. Les actions terroristes répétées, le départ d’un nombre important de jeunes vers la Syrie et la crise des réfugiés poussent la politique étrangère française à se féliciter de l’implication de la Russie au Moyen-Orient et à considérer la Russie davantage comme un allié que comme un ennemi. C’est ce qu’a affirmé sans ambages le président François Hollande lors du sommet de l’OTAN de Varsovie en juillet 2016 : ” L’OTAN n’a absolument pas vocation à dire ce que doivent être les relations de l’Europe avec la Russie “. Pour la France, la Russie n’est pas un adversaire, pas une menace. La Russie est un partenaire, qui, c’est vrai, peut parfois, et nous l’avons vu en Ukraine, utiliser la force que nous avons condamnée lorsqu’elle a annexé la Crimée. ”

La crise diplomatique d’octobre 2016 entre la France et la Russie liée à la situation à Alep a peut-être partiellement gelé les relations officielles, mais beaucoup dans l’establishment français continuent de penser que la Russie doit être considérée comme un allié au Moyen-Orient.

Ce long rapport fut écrit  avant la présidentielle de 2017 et il ne fait pas encore état de Mélenchon et l’extrême gauche et son tropisme Russe , démontré depuis et qui a aussi fait l’objet d’articles de la presse étrangère depuis. J’ai traduit plusieurs articles sur le sujet, du Globalist en passant par le Financial Times.

Poutine : le désordre que l’extrême droite et l’extrême gauche ont en commun.

Mélenchon, l’idiot utile de Poutine.

J’ai également traduit il y a deux jours un article de The Insider qui mentionne certains nouveaux noms qui viennent s’ajouter à ceux cités dans ce long rapport (Adrien Bocquet par exemple). Mais les principaux “agents” du Kremlin cités en 2016  sont toujours les mêmes, de Chauprade à Le Pen en passant par Mariani, Chevènement, et sont tous cités dans le livre les Réseaux du Kremlin en France de Cécile Vaissié.

Traduction et commentaires : Murielle STENTZEL

https://www.lespetitsmatins.fr/collections/essais/181-les-reseaux-du-kremlin-en-france.html

 

Les principaux agents d’influence du Kremlin en France.

 

Cette liste de noms, qui constitue ni plus ni moins cette 5ème colonne en France , est active depuis longtemps pour vendre les intérêts de la Russie, que çà soit par idéologie, “naïveté”, ou parce qu’ils sont redevables financièrement. Et là dessus, il serait plus que temps qu’il y ait des enquêtes d’investigation sur l’origine de financement des campagnes,  de certains déplacements, et qu’enfin cela aboutisse. Parce que parfois, un article surgit, et puis silence radio ensuite. Et personnellement, je me demande pourquoi ce silence. Qu’y a t il à préserver ou cacher?

The Kremlin’s Trojan Horses

France is home to the largest Russian Orthodox Church in Europe, opened in 2016 in Paris. Photo credit: Коля Саныч/Flickr.

(1)

Aymeric Chauprade, né le 13 janvier 1969 à La Ferté-Bernard (Sarthe), est un géopolitologue et homme politique français.Disciple de François Thual, il se rattache comme lui au courant réaliste de la théorie des relations internationales. Après avoir conseillé Marine Le Pen dès 2010 et adhéré au Front national (FN) en 2013, il est tête de liste FN et élu député européen dans la circonscription Île-de-France (incluant les Français de l’étranger) lors des élections européennes de 2014. Il quitte le FN en 2015 et annonce l’année suivante la fondation de son propre mouvement, Les Français libres, qui connait une existence éphémère. De 2018 à 2019, il est vice-président du groupe Europe de la liberté et de la démocratie directe au Parlement européen.