“MacronLeaks”, tome 2 ? Caroline Fourest nous met en garde contre les coups tordus de Poutine à la présidentielle

Vous vous souvenez des “MacronLeaks”, ces e-mails de la campagne du candidat d’En Marche balancés sur Internet le vendredi soir avant le second tour de la présidentielle de 2017 ? Trop tard pour influencer le résultat, en fin de compte, puisque la trêve électorale a empêché les médias français d’en donner beaucoup d’écho. Le vol de données à été relié sans équivoque au groupe de hackers russes APT28, alias “Fancy Bear”.

Mais lors des élections américaines de 2016, l’année précédente, le piratage d’e-mails du Parti Démocrate avait largement pollué la campagne d’Hillary Clinton, et on attribue la victoire de Donald Trump en partie à l’intense activité des bots et spammeurs russes autour de ces e-mails, présentés comme des risques pour la sécurité nationale, etc. L’effet réel reste discuté. Il faut se souvenir que Clinton a gagné (par près de 3 millions de voix) le vote populaire au niveau des USA : c’est grâce au système des “grands électeurs” que Trump a été élu.

Mais dans les deux cas, des hackers et agents de désinformation russes liés à Poutine ont tout fait pour peser sur les choix démocratiques des peuples et américains. On pourrait donner des exemples similaires dans le cas du Brexit.

Caroline Fourest, au journal de David Pujadas sur LCI, nous met en garde de ce que Poutine pourrait faire pour favoriser un candidat pendant ces élections.

Mais on aurait tort de penser que c’est derrière nous. Mardi 15 mars, au journal de David Pujadas sur LCI, Caroline Fourest nous mettait en garde : Poutine a déjà monté des opérations de désinformation et de déstabilisation des démocraties, dans un but simple mais radical, avoir en face de lui, en Occident, des gens qui lui soient favorables, ou au moins qui n’osent pas trop lui résister. De ce point de vue, l’élection d’Emmanuel Macron a été pour lui une mauvaise affaire. Si seulement il avait pu voir émerger des urnes à la place le nom de Fillon ou de Le Pen

Que va-t-il faire cette fois-ci ? En 2017, on se souvient que Fillon avait longtemps été favori, ce qui rendait inutile une intervention russe dès le départ… C’est quand il a été éliminé que les hackers ont mis les bouchées doubles, entravés par les mesures de précaution de Mounir Mahjoubi, responsable de la sécurité informatique de la campagne de Macron, et par la loi sur le silence médiatique du week-end de l’élection. Et bien sûr, le fameux débat de deuxième tour est venu donner le coup de grâce.

Cette année, nous ne pourrons compter sur la distraction de Poutine. Et il peut voir que la guerre en Ukraine, combinée à la médiocrité des autres candidats, fait du président Macron le favori de l’élection. La question n’est pas “va-t-il faire quelque chose pour interférer” mais “que va-t-il faire et quand” ?

On ne peut qu’espérer que la sécurité informatique de la majorité présidentielle est excellente. Mais il faudrait aussi se préparer à des coups bien plus vicieux. Pourquoi pas un attentat ? Il y a assez de djihadistes en Tchétchénie, et donc en Russie… Ou bien la manipulation d’un mouvement social et/ou politique, comme pour les gilets jaunes ? À la place du gouvernement, je regarderais de très près les violences en Corse en ce moment… Tous les casseurs ne sont pas forcément des indépendantistes pur sucre.

Mais à la fin des fins, c’est la conscience du danger qui prémunit le mieux du danger. Dans l’affaire des e-mails d’Hillary Clinton, la presse américaine s’est précipité sur ce qui ressemblait à un scoop, et donc été l’involontaire de Poutine. L’année suivante en France, il y a eu plus de prudence de la part des médias, simplement parce qu’on avait déjà vu le film.

Irène Delse

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